Week-end prolongé sur la côte de granite rose et l’île Bréhat

Cette escapade sur la côte nord de la Bretagne dans les côtes d’Armor est une vraie bouffée d’oxygène. On est rarement déçu avec la Bretagne, mais là c’est au-dessus des espérances. Une pointe d’exotisme vient embellir les paysages bretons déjà pleins de caractère. Sur la côte de granite rose de gros rochers donnent un air des Seychelles, surtout lorsqu’ils baignent dans une eau cristalline. L’île de Bréhat quant à elle, est fleurie par de nombreuses essences et certaines plantes des régions méditerranéennes semblent s’y adapter plutôt bien.

Jour 1 : Perros-Guirec et le phare de Men Ruz

Je vous conseille de démarrer la matinée du premier jour par la balade côtière la plus prisée qui part du port de Ploumanac’h à St Guirec, et qui longe la mer jusqu’au phare de Men Ruz. Il y a aura moins de monde et vous bénéficierez du paysage presque que pour vous. Tout de suite vous rentrez dans le vif du sujet : de gros blocs de granite sont posés, parfois en équilibre, tout le long de la côte. A croire qu’un géant aurait renversé un sac de billes… géantes. Les rocks rosés et lisses semblent parfois faits de carton-pâte pour un décor de cinéma ; mais c’est pourtant bien réel. J’ai adoré flâner parmi les blocs et grimper dessus pour rattraper ma fille qui jouait aux yamakasi. Vous atteindrez le très célèbre phare de Men Ruz qui veut dire « pierre rouge » en breton (Mean Ruz). D’ailleurs il a été construit dans le but de se fondre dans le décor et de ne pas dénaturer le paysage. Pas loin un abri à bateaux orné de gargouilles fait terriblement penser à une chapelle… et bien non. Autre curiosité le château privé sur l’îlot de Costaérès : on ne peut pas le visiter car il appartient à un animateur de la télévision allemande. L’admirer de loin est déjà pas mal même si c’est vrai qu’on aimerait bien y jeter un coup d’œil de plus près.

                                              

                                              

                                               

                                                

L’après-midi, rendez-vous à Perros-Guirec soit à pied par le sentier douanier, soit en voiture. Selon la météo ; programme plage ou programme chocolat chaud en terrasse sur le front de mer. Autre découverte intéressante c’est d’embarquer à bord d’un bateau pour découvrir la réserve marine des 7 îles. Sur un des îlots une colonie de fous de bassans vient tous les ans s’y reproduire. Il n’est pas possible d’y débarquer mais le bateau s’approche assez près (si vous avez des jumelles c’est mieux !). Ils sont plus de 20 000 couples ! Ça vole, ça se pose, ça décolle, ça plonge : un vrai ballet aérien. C’est aussi le seul endroit en France où des macareux nichent. Avec un peu de chance (que j’ai eu) vous apercevrez le timide phoque qui se réchauffe au soleil sur les rochers. Si on aime la faune c’est une sortie à réaliser. Ensuite nous sommes déposés sur un îlot pour se défouler les jambes avant de réembarquer et de longer la côte de granite rose, cette fois vue de la mer.

                                              

Jour 2 : L’île Renote et l’île Grande

Ces 2 îles n’en sont pas vraiment car toutes les 2 sont accessibles en voiture, je parlerais plutôt de presqu’île. Les 2 sont vraiment différentes côté paysage. L’île Renote est un prolongement de la partie côte de granite rose alors que l’île Grande n’a pas ces blocs granitiques.

Vous pouvez longer la côte de la Grève Blanche jusqu’à l’île Renote. A l’instar de St Guirec vous déambulerez entourés de ces rochers majestueux qui défient la gravité. Plusieurs plages de sable entrecoupent les rochers. Si vous n’avez pas peur du froid vous pouvez vous baigner. Autant ça ressemble aux Seychelles d’un côté, autant ça n’y ressemble pas, mais alors pas du tout, côté températures ! Vous pourrez bien évidemment poursuivre la balade… car le sentier des douaniers parcourt l’intégralité des côtes bretonnes. Mais pour le sillonner dans sa totalité c’est une autre aventure.

                                                           

                                              

Le tour de l’île Grande fait 7 Km. Côté mer vous ferez face à l’océan avec des plages plutôt caillouteuses : de beaux galets blancs bien ronds jalonnent les plages. Interdiction de les ramasser ; vous serez prévenus ! Côté terre l’ambiance y est plus marécageuse et les baies abritent des bateaux amarrés. J’ai moins accroché que l’île Renote car les paysages sont moins grandioses. Cependant cette escapade nature fait un bien fou (moins pour le dos quand on doit porter des enfants !).

                                           

                                           

Vous n’en avez pas assez ? Et bien allez jeter un coup d’œil à Trébeuden ; et profitez du coucher du soleil qui projette une lumière dorée sur les rochers et sur la plage de Tresmeur.

                                               

Jour 3 : l’île Bréhat

Là vous pouvez ajouter un jour 4 si vous pouvez y passer la nuit. Toute proche du rivage (10 minutes) en ferry, l’île est un mouchoir de poche : 3,5 km sur 1,5, formée d’une partie nord et d’une partie sud reliées par un pont. Ce qui est agréable c’est l’absence de voiture, tout de suite l’endroit paraît paisible. Attention, cependant, il y a quand même des tracteurs qui sillonnent les routes étroites. Vos meilleurs alliés pour découvrir le site seront vos jambes. Il y a plusieurs sentiers qui permettent d’ajuster le temps de marche à votre temps de visite sur place. En effet, comme il y a des ferrys toutes les heures on peut venir pour 2h si on veut (bon ok ça serait vraiment dommage). Le village est trop mignon avec ses vieilles pierres et ses massifs de fleurs colorées. L’île porte bien son surnom de l’île fleurie. 2 emblèmes sur l’île : le moulin du Birlot et le phare du Paon ; mais il ne faut pas s’arrêter à ça… évidemment. Si vraiment la pluie est de la partie il y a un souffleur de verre (que je n’ai pas vu) pour vous replier. Je n’ai pas vraiment d’autres conseils que de faire le tour de l’île et de vous arrêter quand le spot vous plaît bien.

                                           

                                               

                                            

                                          

Quand y aller : Toute l’année. Vous serez plus assurés du beau temps entre le printemps et l’automne. Les intersaisons seront préférées pour ne pas avoir trop de monde.

Comment y aller : Le départ du ferry pour Bréhat se fait à la pointe de l’Arcouest près de Paimpol. Il faudra ensuite 10 minutes de ferry. Vous pouvez réserver en ligne. D’autres départs se font depuis Erquy, Binic, Paimpol mais moins régulièrement. Certains ferrys combinent la traversée avec un tour de l’île par la mer.

Budget : Un aller-retour vous coûtera 10€30. Il y a quelques restaurants dans le village (partie sud) ainsi qu’un petit supermarché. Vous pouvez dormir sur place : l’offre est assez large.

Combien de temps : Pour l’île de Bréhat 1 à 2 jours sont suffisants. C’est toujours bien de passer une nuit pour s’imprégner du lieu. Pour la partie côte de granite rose l’idéal est de profiter de 2 jours car les balades sont nombreuses. Si vous avez moins de temps, il faudra sélectionner les sites ou marcher à vive allure !

Et les enfants dans tout ça ?

Destination pour enfant :​

Note Destination : 4.8/5

Note Trajet : 4.5/5

Note Sécurité : 4.8/5

Note Globale : 4.7/5

A emporter : Vêtements froids ET vêtements chauds ET maillot de bain ; ben oui c‘est la Bretagne et le temps est vite changeant 😉 Il y a toujours un village pas loin pour s’approvisionner. Favoriser un porte bébé si vous devez porter votre enfant car les chemins ne sont pas forcément adaptés aux poussettes (voir pas du tout sur certaines portions). Prenez des jumelles pour la sortie en mer des 7 îles.

Et oui !

Pourquoi le granite rose est rose ? Et comment les blocs se sont retrouvés en équilibre ? That is the question! Et je vous sens poussés d’une curiosité incontrôlable ! La réponse va peut-être être moins amusante ; à moins que vous considériez la géologie comme amusante. Le rose est dû à l’oxydation du fer présent dans un des 3 minéraux qui compose le granite : le feldspath. Vous voyiez la rouille ? Bon en gros c’est le même phénomène. Sachez que l’on trouve du granite rose aussi en Corse et en Chine ! Les cas sont donc assez rares. Pour la 2ème question il s’agit d’une action de l’érosion. A l’origine profondément enterré, l’érosion a mis à nu le granite. L’infiltration d’eau et les alternances de gel/dégel ont fracturé le granite formant des blocs qui se sont individualisés. En somme, ce ne sont pas les blocs en équilibre qu’on a monté les uns sur les autres, mais les blocs autour qui sont tombés.

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