6 coups de cœur en Islande le long de la route 1

L’Islande est LE pays nature par excellence. Lorsqu’on y voyage, on s’en rend très vite compte. Sorti de Reykjavik la capitale, l’île semble abandonnée aux éléments. Pour comparaison, l’Islande est 6 fois plus petite que la France et sa population est seulement de 0,35 millions d’habitants (67 en France) ! Une route goudronnée circulaire fait le tour de l’île : c’est (presque) l’unique route. Si vous voulez aller plus dans les terres il faudra nécessairement un 4×4. Je vais me contenter de vous mettre en lumière les sites que j’ai préférés le long de cette « ring road » et donc accessibles en véhicule classique… tout au moins l’été. Mais l’Islande ce sont des paysages incroyables tout le long de la route et y conduire est un vrai plaisir. Le problème c’est que l’on a envie de s’arrêter tous les 100 mètres… et si on veut parcourir les 1300 km de la route circulaire 1, il faut avancer un peu.

Le geyser de Geysir

Pas loin de la capitale un phénomène géologique fait fureur… le geyser de Geysir. Celui-ci doit son succès à sa régularité d’explosion. En effet, toutes les 10 minutes un souffle d’eau est éjecté dans les airs pour notre plus grand émerveillement. La colonne d’eau peut s’élever à plus de 20 mètres ! Ce qui est vraiment bien c’est que l’on peut le voir plusieurs fois faire son show : une sorte de grosse bulle se forme avant d’exploser. Et tout ça, c’est naturel : dans le sol une cavité se remplit d’eau et avec la géothermie du sol et la pression : boum ! l’eau s’évacue sous la forme d’un geyser… et le cycle recommence encore et encore.

Les îles Vestmann

Ces îles sont un vrai coup de cœur. Je suis allé sur la principale (Heimaey) et j’y serai bien resté plus longtemps. Si vous avez l’occasion d’y passer une nuit : foncez ! Et comme partout en Islande… il y a un volcan, même 2 en fait. Lorsque l’on va en haut on domine l’île à 360°C : les nuances de l’herbe verte avec les couleurs ocres du volcan rendent la vue incroyable. Et, tels des confettis, des petites îles aux parois abruptes sont dispersées autour de l’île principale. Ce qui est fou ce sont les rares habitations qui sont posées dessus ! Comment peut-on vivre ici ? Le mystère reste entier pour moi. Près du golf, si vous êtes dans la bonne période (printemps/début été), vous pourrez voir des macareux. Dommage pour moi, fin août ils étaient déjà partis ! Vous apprendrez sur place à travers quelques photos que le volcan a fortement détruit la ville en 1973. En même temps, quelle idée d’y construire un village si proche !

Vik

La nature fait bien les choses aux alentours de Vik. Le village de Vik est, comment dire… basique et ce n’est pas vraiment pour lui que l’on s’arrête dans le coin. On y vient pour ses plages de sable noir… très noir ! et ses pitons rocheux posés dans l’océan. Vous pourrez aussi voir des macareux dans les falaises… cette fois j’ai eu la chance d’en observer quelques-uns. Une des falaises déploie de magnifiques orgues basaltiques. C’est une formation géologique naturelle et qui trahit la présence d’une ancienne activité volcanique. On ne peut que trouver ça extraordinaire même si on n’est pas adepte de géologie. Petite chose aussi que vous devez savoir en Islande : ici plage ne rime pas avec farniente sur une serviette et baignade ! Il fait trop froid pour ça ! A la rigueur si vous aimez le surf certains défient les vagues très… fraîches, mais c’est tout.

Jokulsarlon

J’ai vraiment été conquis par Jokulsarlon : s’il n’y avait qu’un endroit à aller voir pour moi ça serait celui-ci. Quand j’y suis allé le temps était parfait : ciel bleu, pas de vent et lumière du soir. En s’éloignant un peu du parking principal on se retrouve seul et là, il n’y a plus qu’à admirer. Les icebergs aux formes diverses se reflètent dans l’eau et parfois on peut voir un phoque sortir sa tête de l’eau. Je n’ai pas été sur les bateaux qui y font un petit tour, mais ça peut valoir le coup. Au loin, on peut voir le glacier qui est à l’origine de tous ces blocs de glace ; ceux-ci finissent ensuite dans l’océan et s’échouent sur la plage. C’est assez surprenant et inhabituel de voir de la glace sur une plage. Quand je vous avais dit que les plages n’étaient pas faites pour le farniente…

                                             

Myvatn

Là encore, un classique de l’Islande, mais même si le site est prisé des touristes, il n’en reste pas moins étonnant. Imaginez un lac qui peut sembler à première vue assez classique, mais qui est entouré de phénomènes géologiques et volcaniques qui éveillent soudainement notre intérêt. A Hverir ça fume, ça glougloute, ça sent l’œuf pourri : tous les sens sont stimulés (pas toujours dans le bon sens). Le mont Namafjall est une vraie palette de couleurs et un parcours balisé (ben oui il ne faudrait pas mettre le pied dans une mare de boue fumante) nous fait déambuler dans ce décor lunaire.

Au nord du lac, la station géothermique de Krafla explique le fonctionnement de la transformation de la chaleur captée du sol en électricité : une énergie renouvelable très efficace en Islande. Autour, on peut se promener dans la zone de Leirhnjukur, une coulée de lave qui date de 1984 mais qui fume encore par endroit ! Attention aux chevilles quand on se balade ! Et puis, pas loin de là, le cratère de Viti est rempli d’eau d’un bleu que l’on croirait artificiel.

Pour prendre un peu de hauteur il faut gravir les pentes noires du vieux cratère de Hverfjall : une superbe vue sur les alentours du lac Myvatn. L’intérieur du cratère est assez décevant car il est rempli de roche noire mais on ne peut s’empêcher d’imaginer ce qui se passerait s’il décidait d’entrer en éruption. Ce même cratère peut être observé de plus loin à Dimmuborgir où un sentier est aménagé pour déambuler parmi des formations de lave assez étonnantes.

Autant j’ai eu le droit à un beau soleil pour les sites précédents (j’ai même bronzé en Islande… qui l’eut cru), autant pour aller voir les mini-cratères de Skutustadagigar j’ai eu le droit à de la pluie. Tout de suite, j’avais envie d’y passer moins de temps. Vu du ciel, cela ressemble à un terrain de golf pour géant et le site est souvent en carte postale. Quand on s’y promène c’est moins spectaculaire mais le cadre est quand même sympa.

Beaucoup plus sympa les bains de Myvatn. Un incontournable en Islande : se baigner dans des eaux chaudes alors que la température extérieure est au plus bas. Ces bains sont moins prisés que le célèbre Blue Lagoon près de Reykjavik mais le principe est le même : une eau d’un turquoise laiteux qui peut atteindre 40°C à certains endroits (c’est d’ailleurs parfois trop chaud et à la limite du supportable). Tout y est bien aménagé : vestiaires, hammam… et café en sortant. Pour le coup, le fait qu’il pleuve rend l’expérience encore plus atypique. Ne soyez pas étonnés par les vestiaires ; ils sont communs et les islandais ne sont pas pudiques… mais je vous rassure, ils ne sont pas mixtes.

Péninsule de Vatnsnes

Cette péninsule est très sauvage et connue pour l’observation facile des phoques. Et effectivement j’ai pu en observer se prélasser sur les rochers : dodus et maladroits hors de l’eau, ils s’avèrent être des nageurs redoutables en mer. Le mieux est d’avoir une paire de jumelles car ils mettent toujours une distance de sécurité entre nous et eux, et n’aiment pas être dérangés. Également à voir, le célèbre rocher percé, le Hvitserkur, duquel tous les photographes essaient d’obtenir la meilleure photo. Petite parenthèse d’ailleurs, j’ai été étonné de voir autant de photographes avec du bon matériel. D’habitude, quand on voyage le smartphone et la perche à selfie est ce qui est le plus utilisé. A croire que la lumière de l’Islande envoûte les photographes amateurs à la quête du cliché parfait ! Et si jamais vous ne voyiez pas de phoques, vous verrez au moins des moutons 😉

Quand y aller :​​ L’idéal est de favoriser les journées longues voire ininterrompues de l’été. Si vous voulez observer les oiseaux marins il faut aussi viser entre mai et août pour avoir la chance d’en croiser pendant leur nidification. Mais ce n’est pas parce que c’est le printemps ou l’été, que vous ne rencontrerez pas la pluie et le froid. Pour les aurores boréales, il faudra favoriser à l’inverse l’hiver. Attention, pendant cette période, car certaines routes sont fermées du fait de la neige et la route circulaire peut l’être aussi sur certaines portions.

Comment y aller : Des vols directs arrivent à Reykjavik. Sinon vous pouvez prendre le ferry qui part du Danemark, qui fait un arrêt aux îles Féroé, et qui débarquent les passagers dans le fjord de Seydisfjordur.

Budget : Les vols peuvent être abordables car des low costs font maintenant les liaisons. Ce qui est le plus cher sur place ce sont les logements, les restaurants et la location d’un véhicule. Pour réduire les coûts faites du camping (j’avoue je n’ai pas testé) ou louer un van pour y dormir. Ne sous estimez pas les assurances pour les véhicules : comme l’assurance tempête de sable. Cela peut se produire et ruiner l’état du véhicule. Mais comme toute assurance on ne sait jamais à l’avance ! Je n’ai pas été adepte des restaurants car la nourriture est… particulière. J’ai préféré cuisiner dans les logements où souvent une cuisine partagée est mise à disposition. Spéciale mention pour leur yahourt Skir qui est un délice !

Monnaie : La couronne islandaise

La langue : L’islandais… bon ok vous pouvez parler anglais c’est plus facile à prononcer.

Visa : Une carte d’identité suffit.

Combien de temps : Pour faire le tour de la route circulaire il faut consacrer un minimum de 10 jours, 15 jours étant le mieux. Le luxe s’est de partir sur 3 semaines et de faire quelques échappées plus en retrait dans les terres.

Et les enfants dans tout ça ?

Destination pour enfant :​​ Bien sûr que vous pouvez les emmener car ils vont adorer tous ces phénomènes géologiques atypiques que l’on ne rencontre pas chez nous. Il faudra juste surveiller qu’ils restent sur les sentiers. Certaines portions de route peuvent être un peu longues, alors bien prévoir les différentes étapes. Et attention, car il n’y a pas des hôtels tous les 100 mètres au bord de la route ; anticipez la réservation des logements si vous ne voulez pas dormir dans votre voiture (à moins d’avoir un van ou camping-car).

Décalage horaire : -2h (été)

Note Destination : 4.5/5

Note Trajet : 4.2/5

Note Sécurité : 4/5

Note Globale : 4,2/5

A emporter : Je ne vous cache pas que les shorts et les T-shirts ne seront pas vos meilleurs compagnons. Même en plein été, la météo est capricieuse et le temps peut passer de la pluie au soleil puis de nouveau à la pluie assez rapidement. Tenues chaudes et étanches oui mais pas que. Vous pouvez avoir un beau soleil et alors là, le T-shirt est quand même de rigueur. Pour les chaussures, prenez des fermées de préférence. Les chemins souvent de pierre de lave ne sont pas adaptés aux tongs. Et sur la route, anticipez le plein de la voiture et les provisions.

Et oui !

L’Islande est l’un des derniers pays à chasser la baleine pour sa viande (les autres sont le Japon et la Norvège)… et vous pourrez en trouver dans les restaurants comme plat typique. Pour ma part, je n’ai pas voulu goûter ce cétacé. Vivement critiquée et surtout après une reprise de la pêche en 2003 après une interruption pendant 14 ans, l’Islande va peut-être arrêter cette pratique. En effet, la demande est moins grande et le business de l’observation des cétacés est en hausse. Même si les raisons sont donc surtout économiques, saluons (et espérons) que cette pratique prennent fin. Je vous conseille donc d’observer les baleines lors d’une sortie vers Husavik (superbe expérience) plutôt que dans votre assiette.

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