Zoom sur les volcans Bromo et Ijen en Indonésie

L’Indonésie est un pays incroyable avec des paysages tellement diversifiés. Il faudrait toute une vie pour découvrir ses innombrables îles et ses moindres recoins. La ceinture de feu a sculpté ses paysages et ce sont justement ses volcans qui fascinent tant les voyageurs. Je vais donc m’attarder dans cet article sur 2 volcans très touristiques sur la pointe Est de Java : le Bromo et l’Ijen. Autant dire que ça représente une micro partie de ce que l’Indonésie propose à découvrir.

Le volcan Bromo

C’est sûrement le volcan le plus visité et le plus connu. Bien que touristique, il n’en est pas moins impressionnant et il est tout à fait possible d’éviter la foule. Le point de départ pour sa visite est la petite ville de Cemoro Lawang. Déjà pour la rejoindre cela peut s’avérer assez compliqué. La plupart des navettes qui rejoignent la ville depuis Probolinggo attendent d’être remplies avant de faire le trajet. Mais bon le problème c’est que cela peut être assez long. Le revers de la médaille de ses zones touristiques c’est que l’honnêteté de (certains) locaux laisse fortement à désirer ; on pourra vous dire droit dans les yeux que la navette part dans 5 min… 1h30 après on y est encore ! Tout dépend d’où on arrive et par qui on passe ; l’Asie c’est ça aussi ce sont des trajets qui peuvent être semés d’embûches ou au contraire qui se passent incroyablement bien. La règle c’est qu’il n’y a pas de règle ! L’essentiel est d’arriver à bon port.

Venons-en à l’intéressé, le volcan Bromo. Une grosse demi-journée suffit à découvrir ce site. Le village de Cemoro Lawang est en bordure de la caldeira, l’avantage c’est que tout peut se faire à pied. Option d’ailleurs que je recommande. L’autre option la plus simple et la moins fatiguante est de prendre un tour qui vous emmènera aux points d’intérêts dans une jeep, tout ça dans un timing très défini et avec une horde de touristes. J’ai donc testé la 1ère option. Pour profiter pleinement du site il faut se lever tôt pour admirer le lever du soleil depuis le point de vue de mont Penanjakan. Pourquoi le lever de soleil ? Car il y aura le plus de chance que le site ne soit pas recouvert de nuages, et, la lumière rasante accentue les contrastes, bref le site est à son avantage ! En 1h30 environ de marche sur un chemin plutôt pentu (transpiration assurée) vous rejoindrez donc le point de vue du mont Penanjakan. Une fois là-haut il n’y a plus qu’à profiter. Inutile d’y être pile au lever du soleil car il y a foule. Les touristes s’en vont assez vite et vous serez plus tranquilles .

                                                                                    

La 2ème étape consiste à rejoindre le cratère à proprement dit. Idem on peut le rejoindre à pied en marchant dans la caldeira sur une terre sombre. Une fois au pied un escalier abrupte a été construit pour voir l’intérieur du monstre. Une colonne de fumée s’échappe d’un trou béant qui semble rugir. Le son qui s’en dégage nous laisse tout petit face à cette nature brute. C’est vraiment le clou du spectacle ! Chair de poule assurée. Et là encore, vous arriverez sur place alors que tous les tours organisés seront déjà revenus au village !

                                              

Et dernière étape, il faut retourner jusqu’au village, rempli de souvenirs, et les jambes bien fatiguées !

Le volcan Ijen

Pour moi, parmi les 2, c’est celui que j’ai préféré. Très différent du Bromo le volcan Ijen a 2 particularités qui l’ont rendu célèbre. Et ce, notamment suite à une émission de Nicolat Hulot il y a déjà de nombreuses années. Je me souviens l’avoir vu enfant et j’en ai gardé un souvenir qui a poussé ma curiosité à aller le voir de mes propres yeux.

La 1ère particularité que je n’ai pas pu observer se déroule la nuit. La combustion des vapeurs de souffre qui émanent provoque des flammes bleues. Le phénomène est, paraît-il, impressionnant.

La 2ème particularité vient elle aussi du souffre, mais cette fois il s’agit de son extraction. En effet, tous les jours des hommes descendent dans le cratère pour extraire des blocs de souffre qu’ils revendront ensuite pour se faire un salaire de misère. Pour vous donner une idée, pour chaque kilo porté ils percevront environ 1€ ! Chemin de croix pour eux, balade touristique pour moi, un sentiment de ne pas être à sa place s’installe lorsqu’on se rend sur place.

Commençons par le début.

Pour visiter le site les tours démarrent très tôt car à minuit il faut être sur le pont. Un guide vous transportera en bas du volcan après environ 1h de trajet en voiture. De là démarre une montée de 2h pour atteindre le sommet à 2800m d’altitude. C’est à ce moment que les flammes bleues peuvent être observées. Un chemin descend dans le cratère pour s’en rapprocher si les conditions le permettent. Le jour se lève et il est possible de mieux voir le volcan et les mineurs de souffre. Il est alors l’heure de redescendre, le tour est fini !

Vous vous doutez j’ai choisi l’option B surtout avec ma fille de 2 ans ; et je ne regrette en rien ce choix. J’ai donc décidé de me lever un peu plus tard (mais quand même bien trop tôt) pour être en bas du volcan lorsque le soleil se lève. Lors de la montée tous les tours descendaient. Une fois arrivés en haut nous étions donc les seuls touristes. Et là, wahou, le soleil levé, les couleurs du cratère étaient au top : le jaune du souffre et le lac bleu laiteux. Notre super guide (pipelette en plus) nous a promené le long en haut du cratère. J’ai été plus qu’impressionné par les mineurs qui peuvent transporter jusqu’à 100 kg de souffre sur leur épaules. Vous verriez le chemin pentu et rocailleux qu’ils utilisent : des forces de la nature ! Malheureusement ils n’ont pas d’équipement de protection contre les vapeurs de souffre. Leur espérance de vie s’en retrouve réduite. Ce métier n’est (heureusement) pas un métier d’avenir et être guide semble une voie préférable.

                                            

                                              

A la redescente petite pause café à mi parcours avec les mineurs qui se révèlent plein de vie… malgré leurs conditions de travail ! Et puis pour vous délaisser, votre guide vous emmènera peut-être vous baigner sous une cascade…

Quand y aller : Le mieux est de favoriser la saison sèche qui s’installe d’avril à octobre. Attention cela ne veut pas dire que le ciel sera bleu en permanence et qu’aucune goutte d’eau ne tombe du ciel ! Nous sommes dans un climat tropical où la chaleur et l’humidité sont permanentes.

Comment y aller : L’aéroport le plus proche est celui de Surabaya à Java. Des vols internes le relie à Denpasar à Bali, aéroport international. Ensuite, il faudra utiliser le train jusqu’à Probolinggo puis des navettes pour Cemoro Lewang (pour le volcan Bromo). Pour Ijen, vous pouvez rejoindre la gare de Banyuwangi. Si vous voulez aller plus vite vous pouvez prendre un taxi privé, plus cher mais plus facile !

Budget : L’Indonésie n’est pas un pays cher. La gamme de tarif pour un logement est assez varié : pour 10€ vous pouvez trouver quelque chose… mais le confort ne sera sûrement pas au RDV ! Pour faire une excursion avec un guide comptez environ 30€ par personne.

Monnaie : La roupie indonésienne

La langue : Vous pourrez parler en anglais

Visa : Vous obtiendrez le visa à l’arrivée (sous réserve d’un passeport valide valable pour encore au moins 6 mois) pour 30 jours. Une rallonge de visa peut être obtenu sur place. Renseignez-vous avant de partir car les conditions d’entrées peuvent évoluer.

Combien de temps : Une grosse demi-journée pour chacun des volcans. Mais étant donné qu’on se lève tôt, le repos de l’après-midi peut être salvateur. De nombreux tours proposent des excursions toutes faites qui combinent les 2 volcans : rien à organiser ! A chacun de choisir son type de formule.

Et les enfants dans tout ça ?

Destination pour enfant : Ce n’est pas la première destination que l’on pense avec de jeunes enfants pour plusieurs raisons : cela nécessite de se lever avant le lever du soleil, il faut marcher sur des chemins pentus, le souffre peut gêner la respiration et c’est un peu en altitude. Combo perdant ! Une fois qu’on connaît ses données à vous de choisir si vous vous sentez capables et si vous pensez que votre enfant l’est aussi. Pour mon cas, ça l’a été et tout s’est très bien passé. Les indonésiens aiment beaucoup les enfants. Par contre, ils ne comprennent pas que l’on voyage avec de jeunes enfants, alors sur un volcan n’en parlons pas. Mais ils ne vous le feront jamais sentir et seront bienveillants.

Décalage horaire : +5h (été)

Note Destination : 3.5/5

Note Trajet : 3/5

Note Sécurité : 4/5

Note Globale : 3,2/5

A emporter : Pour aborder les volcans, il faudra bien se couvrir car les températures peuvent être fraîches. Mais il faudra aussi de la crème solaire quand le soleil se lèvera. Un porte bébé peut s’avérer très utile voir indispensable pour les plus jeunes. Et bien sûr, anticiper de quoi combler les petits creux.

Et oui !

A l’origine les mineurs portaient tout à pied : de l’extraction du souffre ils remontaient les pentes intérieures du cratère, puis ils redescendaient la pente extérieure toujours chargés comme des mules. Pour la partie intérieure du volcan, rien n’a changé mais le retour est aujourd’hui plus facile ; et cela grâce à des français ! Ils ont imaginé un système de brouette pour porter les blocs de souffre. Les trajets étaient ainsi optimisés et la charge plus facile à déplacer ! Une vrai révolution dans le métier ! Cette brouette a été détournée en partie de sa fonction première. Aujourd’hui, elle sert aussi à transporter des touristes trop fainéants pour monter ou descendre. Tout simplement scandaleux ! Alors si vous y passez, utilisez vos jambes, de préférence !!!

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